La légende de la Bête du Gévaudan

Un mystère encore non résolu...

La Bête du Gévaudan est un animal légendaire qui a fait une centaine de victimes (morts ou blessés) dans la région du Gévaudan, région française du Languedoc (aujourd’hui partagé entre la Lozère et la Haute-Loire). Les faits se sont déroulés sous le règne de Louis XV, entre 1764 et 1767.

Déroulement des faits

Au début de l’été 1764, une vachère affirme avoir été attaquée par une « bête ». Le même mois, une jeune fille est tuée au village des Hubacs. C’est la première victime officielle de la bête. Le 8 août, une deuxième fille de 14 ans est retrouvée sans vie près du hameau de Mas Méjean. Elles ont toutes deux étés tuées dans la vallée de l’Allier.

Les Dragons de Duhamel

Par l’intermédiaire des gazettes de l’époque, l’histoire de la bête du Gévaudan fait le tour de la France, et se propage même vers ses pays limitrophes : sous les moqueries générales, le roi se trouve dans l’obligation d’agir. Il envoie le capitaine Duhamel et ses dragons prêter main forte aux habitants du Gévaudan.

Le combat de Jacques Portefaix

Depuis l’arrivée de la bête, les enfants vont garder les troupeaux en groupe pour plus de sécurité. C’est le cas des sept enfants du Villaret, cinq garçons et deux filles âgés de huit à douze ans. La Bête les attaque, tout d’abord tourne autour d’eux, puis elle s’empare d’un des plus jeunes garçons ; mais les autres réussissent à piquer la bête à l’aide de lames fixées sur leurs bâtons et lui font lâcher prise. Elle a cependant le temps de dévorer une partie de la joue de sa victime. Elle revient ensuite à la charge, saisissant le plus jeune par le bras et l’emporte un peu plus loin.
Un des enfants suggère de prendre la fuite pendant qu’elle est occupée, mais un autre, Jacques Portefaix, les incite à secourir leur compagnon. Tentant d’atteindre la bête aux yeux, ils parviennent à lui faire lâcher prise et à la tenir à distance jusqu’à l’arrivée de plusieurs hommes alertés par les cris. La Bête s’enfuit alors dans un bois voisin.

La bataille de Jeanne Jouve

Jeanne Jouve voit sa fille de 9 ans, qui tient dans ses bras son plus jeune frère, se faire attaquer par la bête. Jeanne se jette alors sur elle et parvient à lui faire lâcher prise, mais elle revient à la charge et tente de s’en prendre au plus jeune des enfants : la mère s’interpose.
La bête se jette sur le petit Jean-Pierre, autre frère de 6 ans, l’attrape au bras et l’emporte. La mère lui saute dessus. S’ensuit alors un long combat où Jeanne se retrouve poussée au sol, griffée et mordue à plusieurs reprises. Finalement la Bête, qui tient toujours Jean-Pierre, parvient à s’échapper, mais elle se retrouve face aux deux plus grands enfants, qui se préparaient à emmener le troupeau aux pâtures, ils parviennent à libérer leur jeune frère et à faire fuir la Bête. Jean-Pierre succombe cependant à ses blessures quelques heures plus tard.

Retombées politiques

Les Anglais, à cette époque en guerre contre les Français, avaient eu vent de l’histoire de la bête et s’en étaient largement amusés : par exemple, un dessin humoristique anglais montre toute l’armée du roi mise en déroute par la bête et, à côté, la bête tuée par une chatte protégeant ses petits.
Le roi se devait d’agir : il envoya ses dragons tuer la bête pour faire cesser les moqueries et quand François Antoine tua le fameux loup des Chazes, il fit croire à la mort de la bête. Lorsque les meurtres reprirent, aucune gazette n’en parla.

Le Gévaudan

Le Gévaudan (en occitan : Gavaudan ou Gevaudan ; en latin : Gabalitanus pagus) est une ancienne province française. À la Révolution française son territoire a servi de base pour former le département de la Lozère. Seul le canton de Saugues fut rattaché au département de la Haute-Loire.

Le Gévaudan est, en réalité, le nom de l’ancienne province qui deviendra, à la Révolution Française, le département de la Lozère.
Le mot « Gévaudan » est issu du mot « Gabale », ce peuple Gaulois, allié de Vercingétorix pendant la Guerre des Gaules contre l’Empire Romain. La capitale du pays Gabale était alors Javols, commune qui porte ce nom encore aujourd’hui.
Le Gévaudan est longtemps resté une zone peu peuplée et difficile d’accès. Environ 1500 ans avant notre ère, la région est décrite comme couverte de forêts sombres et denses. Ce qui deviendra plus tard le département de la Lozère est alors une contrée particulièrement froide, soumise à un climat continental très marqué, entrainant de terribles et interminables hivers. Les rayons solaires peinent à réchauffer le sol à travers l’entrelacement des bois et de la végétation. Cette terre est alors hostile, compte d’innombrables lacs et étangs qui rendent sont sol spongieux, marécageux et peu fertile. Il n’y a pas de chemins, et les hommes traversent le Gévaudan guidés par leur instinct, se frayant un chemin entre points d’eau et arbres millénaires. Les quelques ermites habitants ces vastes étendues inhospitalières survivent de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Le commerce est alors à son point mort et seules quelques familles parviennent à survivre en Gévaudan.
Peu à peu, la population s’agrandit et commence à défricher pour créer des terres cultivables. Le plateau d’altitude de l’Aubrac est aujourd’hui une grande étendue aride mais elle est à ce moment-là une vaste et sombre forêt. Ce sont les moines qui vont petit à petit déboiser et façonner les vastes plaines que nous connaissons aujourd’hui pour y développer l’élevage d’ovins.
Ce déboisement massif de l’Aubrac a permis l’apparition d’un milieu de moyenne montagne humide, particulièrement propice à l’essor de la biodiversité locale. Le haut plateau est également reconnu pour la qualité de son air. En effet, et mis à part la faible densité de population, les pollens et acariens sont très peu présents au-delà de 1200 m d’altitude, ce qui en fait l’endroit idéal pour le développement du climatisme.
Aujourd’hui encore, le département de la Lozère a su conserver une nature sauvage et une population limitée. Ces caractéristiques font malheureusement fuir les enfants qui l’ont vu naître, attirés par les lueurs urbaines, mais ses enfants devenus grands reviendront toujours auprès de cette terre d’introspection et de ses paysages à la force tranquille.